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Euthanasie. Audition de Famille et Liberté au CCNE

Dans le cadre des Etats généraux de bioéthique le CCNE a auditionné Famille et Liberté le 30 mars. Ci-dessous le passage sur l'euthanasie et la fin de vie:

 

Le débat sur la fin de vie et l’euthanasie est essentiel car il est indissociable du regard que l’on porte sur l’homme. N’est-il qu’un amas de cellules, un peu de matière destinée à retourner au néant ou

y a-t-il en lui quelque chose qui empêche de disposer de sa vie ? La révélation chrétienne a apporté sa réponse, mais bien avant elle Aristote avait perçu que l’être humain comporte une part de sacré :

« Il ne faut pas croire, dit-il dans l’Ethique à Nicomaque (livre X, chap7) ceux qui disent que puisque l’homme est un homme il doit se limiter aux choses humaines. »

 

C’est en ayant cela présent à l’esprit que doit être abordée cette très délicate question. Nous le ferons en évoquant 4 points :

 

 1/ Il faut se défier des sondages qui montreraient une adhésion massive de l’opinion à « mourir dans la dignité » comme le disent les partisans de l’euthanasie. Il faut s’en défier à la fois à cause de l’ambigüité des questions -qui ne souhaite pas « mourir dans la dignité»  - et parce que ce sont des personnes bien-portantes qui y répondent. Beaucoup plus proche de la vérité nous paraît être l’étude menée sur deux ans par Jeanne Garnier auprès de ses patients : sur 2157, seuls 61 (3%) ont formulé une demande d’euthanasie. Et cette demande n’a persisté plus de 48h que pour 6 patients (0,3%). Mais il faut dire que Jeanne Garnier est selon l’expression du Professeur Sicard « un lieu où on a envie d’être, où il y a une espèce de douceur. » parce qu’on s’y occupe et préoccupe des patients, alors que « l’hôpital n’est pas un lieu d’accueil de la mort ». « L’humanisme n’est pas du côté de la mort, mais de l’entraide au bord du gouffre « (Damien Le Guay)

 

2/ C’est pourquoi il importe de développer massivement les soins palliatifs dont le même Professeur Sicard nous dit que, malgré ce qu’ont prévu plusieurs lois, ils restent un « cache-misère » ; « autant,

dit-il, les médecins et infirmières de soins palliatifs sont des personnes admirables, autant leur rôle est ultra marginal. Il ne va concerner que 30.000 personnes au maximum sur les 200.000 qui devraient en bénéficier. La France est le seul pays européen qui n’a pas donné à la médecine palliative une place universitaire. »

 

3/Soulager la douleur physique, ce que l’on sait très bien faire aujourd’hui, ne suffit en effet pas. Ce sont les relations qui maintiennent dans la vie. Quel regard porte-t-on sur la personne en fin de vie ou handicapée, quelle image d’elle lui renvoyons-nous ? Lui faisons-nous percevoir qu’elle est une gêne, un poids pour la société ou au contraire qu’elle est toujours utile, ne serait-ce qu’en

rassemblant la famille à son chevet, en retissant ainsi des liens parfois un peu distendus ou malmenés par l’existence ? Il y a des multitudes de témoignages bouleversants sur ce point ; sachons les comprendre: ils nous montrent que la période précédant la mort est un moment essentiel, où tout peut être dit, partagé, transmis, où l’agonisant peut avoir la joie de dire son affection, son amour et de les recevoir de ceux qui restent, où un pardon peut être donné, qui permet de bien mourir et aux proches de bien vivre. C’est ce qu’exprimait Paul Ricœur: « il importe d’être vivant jusqu’à sa mort. »                                    

…/…                                    

 

4/ C’est pourquoi il faut refuser la mort par sédation, qualifiée par le Professeur Etienne Hirsch de     « reniement de notre devoir d’humanité », et la légalisation de l’euthanasie. Il faut écouter ce que nous disent les 10.000 soignants et les 6.000 bénévoles de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs : « ils sont contre cette légalisation. Leur unanimité est totale » (Damien Le Guay). Il

faut écouter l’ancien président du CCNE lorsqu’il dit : « l’idée qu’une euthanasie en France aurait des conséquences dramatiques pour la mise en danger des personnes les plus vulnérables me paraît un

argument majeur contre celle-ci. » Ce qui se passe en Belgique, 15 révisions de la loi autorisant l’euthanasie, en 15 ans, dans un sens toujours plus large, ne peut que conforter cette opinion.

 

Je conclurai mon propos en demandant au CCNE d’être sensible à cet appel si émouvant d’un médecin gériatre : « je vous en supplie, laissez vivre ceux qui ont tant à nous apporter ! Ils nous

réapprennent le vrai sens de la vie. Ils nous gardent dans l’humilité et nous enseignent le chemin du cœur. » (Béatrice Paillot)

 

 

Lettre de Famille et Liberté à la Mission parlementaire d'information sur la politique familiale

La Mission parlementaire d'information sur la politique familiale a demandé à Famille et Liberté son avis sur la politique familiale sous la forme d'une contribution écrite.

Ci-dessous le texte que nous leur avons adressé le 13 février 2018

Politique familiale :les raisons d’un triple échec

 

Le rapport de la Cour des Comptes sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, rendu public le 17 septembre dernier, fournit un bon support pour comprendre où en est la politique familiale aujourd’hui et où elle va.

 

 

 

La Cour rappelle les trois objectifs assignés à la politique familiale :

Mariés et heureux, oui, c'est possible

La lecture des pages que nous livrent  Marc et Maryvonne me rappelait une anecdote racontée par Chesterton. Avec un humour tout britannique, il rapportait le propos d’un de ses amis: ‘’ Au début de notre mariage, JE parlais, ELLE m’écoutait. Puis vint très vite le temps où ELLE parlait et JE l’écoutais. Maintenant NOUS parlons en même temps…et ce sont les voisins qui nous écoutent’’. Que cette anecdote ne laisse pas croire au lecteur que ce bref ouvrage est  un recueil de bonnes histoires. La vie à deux n’est pas simple ! Le mariage n’est pas un rite infaillible, nous dit la quatrième page de couverture.

L’observation de leur entourage, les témoignages recueillis, les lectures partagées…et aussi, sans aucun doute, l’expérience personnelle conduisent nos auteurs, parents de onze enfants et quelques trois dizaines de petits enfants, à livrer non des recettes mais des réflexions  sur les grandeurs et servitudes, les joies et les peines, en un mot, la complexité de la vie conjugale. Et nous invitent ainsi à en tirer des enseignements personnels.

La lecture est facilitée par le réalisme, la simplicité et le bon sens des propos  réunis dans de  courts chapitres  qui ne peuvent laisser indifférent aucun lecteur…Car on se reconnait forcément dans telle ou telle situation, réaction, anecdote. Ce qui ne va pas sans susciter réflexion,  méditation… voire résolution de conforter certaines manières de vivre à deux et en famille, ou de chercher à en améliorer d’autres !

Voilà un petit livre, par le format, qui n’a rien à voir avec les témoignages nombrilistes et impudiques, pas plus qu’avec les traités de psycho-socio-sexo thérapeulogues dont, à juste titre, on a toutes les raisons de se méfier. Car, si c’est à la lumière du sacrement de mariage que tout cela est observé, les auteurs soulignent que   ‘’ le surnaturel ne se greffe que sur le naturel bien mis en ordre’’ (p.63). C’est, de fait, à un examen personnel que nous sommes conviés, afin de créer les conditions humaines qui font du mariage l’institution facilitant aux conjoints et à leurs enfants – dont il est fort utilement rappelé qu’ils sont la première fin du mariage – la possibilité  de mieux atteindre leur fin,  la contemplation de Dieu, tout en étant plus heureux…sur terre.

YT

Marc et Maryvonne PIERRE. Ed. Homme Nouveau. 12 €

Marc et Maryvonne Pierre, au sein de l’association Croître et Progresser Ensemble-Notre Dame de Cana (www.croitreetprogresserensemble.com) animent des sessions de réflexion destinées aux couples mariés et aux personnes qui se préparent au mariage.  

La PMA pour toutes ? Triple danger: politique, social et moral

    Le 15 juin dernier, le comité consultatif national d’éthique (CCNE) a donné un « avis » qui a fait beaucoup de bruit : il a recommandé aux pouvoirs publics d’octroyer aux femmes, un droit inconditionnel à la procréation médicale assistée (PMA).

 

            Jusqu’à présent, la PMA est réservée à celles qui vivent en couple stable avec un homme et sont affligées d’une infécondité dûment constatée par un médecin. Le CCNE suggère d’étendre la sollicitude de la loi aux célibataires et à celles qui partagent leurs existences avec une autre femme, même si elles sont fécondes par nature.