Cinq postes de secrétaires d’Etat ont été créés le 18 mars, dont un, attribué à Nadine Morano, auprès de Xavier Bertrand qui devient de ce fait ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité.
Sans chercher à comprendre les raisons qui font que les échecs, électoraux aussi bien que militaires, se traduisent généralement par un accroissement des états-majors, constatons tout d’abord qu’en politique comme dans la vie courante la famille reste un recours dans les difficultés et demandons-nous ensuite ce qui a valu à Mme Morano sa nomination.
Il ne semble pas que ce soit son action pour la famille en tant que député de la 5e circonscription de la Meurthe-et-Moselle au cours de la présente législature, si l’on en juge par,
· Ses questions écrites qui portent soit sur des questions locales, soit sur d’autres d’une portée plus générale, mais pas spécifiquement familiales, comme les intérêts des bouilleurs de cru et des éleveurs de chevaux ou la langue des signes à l’école.
· Ses interventions en séance, la plus notable ayant porté sur l’emploi des tests ADN pour les immigrés, marquée par un « qu’ils les adoptent », à l’adresse d’un opposant qui mettait en avant « les enfants orphelins dont les oncles et tantes se sentent totalement responsables »
C’est évidemment pour mettre en place un statut de beaux-parents et un contrat d’union civile, mariage sans le nom des homosexuels, qu’un ministère de la famille a été recréé.
En acceptant de mettre de côté sa demande de reconnaissance d’un droit à l’enfant pour les homosexuels, Mme Morano n’a donc nullement sacrifié ses convictions à ses ambitions : elle a choisi de procéder par étapes.
Quant aux beaux-parents, c’est-à-dire aux nouveaux conjoints de divorcés qui ont déjà la possibilité d’intervenir dans l’éducation des enfants de leurs conjoints par délégation, que deviendra leur statut s’ils divorcent à leur tour et quel sera le statut du conjoint de celui des parents qui aura un droit de visite ?
La « légitimation » des beaux-parents, qui s’appellent en français marâtres et parâtres, serait, à mon avis, source de nombreux mécomptes. Souhaitons qu’elle ne soit pas votée sans études préalables sérieuses, échappant aux critiques de celles sur l’homoparentalité formulées dans les pages suivantes.
Lettre 52 – mars 2008