Sous l’Ancien Régime, dans les actes où étaient présents de hauts personnages, le tabellion, après avoir énuméré leurs principaux titres, écourtait la liste de leurs seigneuries secondaires par la formule « et autres lieux ».
Dans le ministère que vient de former M. de Villepin, M. Philippe Bas est ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille : la famille a échappé de justesse aux « autres lieux ».
Ceux qui estimeraient que ces questions protocolaires sont somme toute secondaires, seront sans doute convaincus par la lecture de deux communiqués récents de la Confédération nationale des associations familiales catholiques que ce ne sont pas les préséances qui sont en jeu, mais bien les priorités.
Dans celui du 3 juin, faisant suite à la formation du nouveau gouvernement, la CNAFC « appelle le nouveau gouvernement à retrouver son sang-froid et sa maîtrise du droit ; à soutenir le mariage, moyen efficace pour restaurer le lien social et contrer le chacun pour soi, au lieu de poursuivre sa banalisation. » et rappelle « l’évidence : l’Etat limite depuis des années la politique familiale que les ressources excédentaires de la Branche famille permettrait ; il alourdit constamment sa charge en obligeant la branche à financer la politique sociale qui n’est pas de son ressort ».
Dans celui du 8 juin, faisant suite au discours de politique générale du Premier ministre, la CNAFC relève certes « avec satisfaction que le Premier ministre a conscience de l’impact du chômage sur l’équilibre familial et sur la capacité des familles à construire le lien social. » et se réjouit « de son souci de travailler à la conciliation vie familiale - vie professionnelle et de développer les services à la personne au bénéfice des familles et des personnes fragiles ».
Mais, « la CNAFC constate aussi des oublis inquiétants : pas un mot sur la politique familiale en tant que telle, ni sur la Branche Famille, rien non plus au sujet des grands débats de société qui agitent la France et l’Europe (droit de la famille, bioéthique, médias...) ».
Et, « regrette que le Gouvernement ne comprenne pas le lien entre le renforcement juridique et économique des familles d’une part, et la reconstruction sociale à laquelle il aspire, d’autre part. Elle demande que le gouvernement fasse connaître ses positions sur ces questions fondamentales ».
Lettre 41, juin 2005