Questions de Famille et Liberté aux candidats à la présidence de la République en 1995
1. La complaisance, malheureusement très répandue, envers la minorité dévoyée de la jeunesse est une insulte pour la majorité.
en tant que gardien de l'identité nationale, considérez-vous que l'éducation civique doit être renforcée, que l'on doit dire la vérité à la jeunesse et faire appel à son sens des responsabilités au lieu de l'abuser par des slogans comme on le fait actuellement ?
2. La non application des lois est la cause première de certaines dérives de notre Société.
en tant que garant des institutions, veillerez-vous à l'application effective des lois sur l'avortement, la drogue et la pornographie ?
3. L'avenir démographique de notre pays sera joué en l'an 2000.
veillerez-vous, en particulier par le choix que vous ferez du Premier ministre, à ce que le gouvernement agisse en faveur de la famille en aidant les nouveaux ménages à se loger, en supprimant toutes les dispositions fiscales et sociales qui pénalisent les couples mariés.
Êtes-vous prêt aussi à permettre le libre choix entre le travail familial et le travail à l'extérieur par l'institution d'un salaire parental et à tenir mieux compte, pour les retraites, des sacrifices bénéfiques à la société de ceux qui ont mis au monde ou adopté puis élevé des enfants ?
Réponse in extenso de M. Chirac le 25 avril 1995
Non disponible
Réponse résumée de M. Balladur
1. Non seulement je considère que l'éducation civique doit être renforcée, mais je me suis attaché à œuvrer en ce sens depuis deux ans.
2. La contraception et l'avortement sont des droits pour toutes les femmes dans notre pays. Je n'entends pas y revenir (...) Je comprends parfaitement que certains de nos concitoyens désapprouvent l'interruption volontaire de grosse. (...) Pour autant j'estime que la loi doit être respectée par tous. Je désapprouve donc vivement l'action des commandos anti-IVG.
Je ne suis pas favorable à la dépénalisation de la drogue, qu'il s'agisse des drogues dites "dures" ou des drogues dites "douces" (...) J'estime qu'en la matière la priorité des pouvoirs publics est de protéger la jeunesse contre ce fléau et de mettre en place une politique active de prévention de l'usage et de répression du trafic.
Les lois sur la pornographie seront pleinement appliquées.
3. J'ai fait adopter la première grande loi sur la famille qui met en œuvre un effort financier de 60 milliards de francs sur cinq ans (...) J'ai tenu à ce que les prestations familiales soient substantiellement améliorées et mieux adaptées aux évolutions sociologiques (...) Nous avons programmé le prolongement de la durée de versement des prestations familiales : d'ici 1998, ces prestations seront versées pour des enfants ayant jusqu'à 22 ans (...) Je propose aussi d'accorder rapidement l'allocation parentale d'éducation dès le premier enfant.
Je partage sans réserve l'attachement qui est le vôtre à l'égard de la famille. Cet attachement est profond et personnel, et je mettrai tout en œuvre pour faciliter les conditions de vie des familles. En ce sens, une grande réforme fiscale, fondée sur le principe d'équité, sera l'occasion de remettre à plat les dispositions qui peuvent pénaliser les familles.
Réponse de résumée de M. Le Pen
1. Je veux remettre à l'honneur dans nos écoles les valeurs fondatrices de notre civilisation qui sont respect de la vie, l'amour de la famille, de la patrie, l'honnêteté, la fidélité, le sens de l'émulation et de l'effort, l’entraide.
2. Persuadé que toute société a le devoir premier de protéger ses membres les plus faibles, au premier rang desquels figurent les enfants à naître, je remplacerai l'actuelle législation abortive par une politique généreuse d'accueil de la vie permettant à toutes les mères, quelle que soit leur situation, d'attendre et d'élever dignement leur enfant.
Contre la drogue, je mènerai la guerre que nos gouvernements successifs depuis vingt ans n'ont jamais faite en :
faisant appliquer la loi de 1970 réprimant l'usage et le trafic de stupéfiants ;
plaçant les drogués dans des centres de désintoxication ;
châtiant sévèrement les dealers, et en rétablissant notamment la peine capitale contre les grands trafiquants de drogue.
Contre la pornographie, je ferai appliquer dans toute sa rigueur la loi de 1947 protégeant la jeunesse contre l'incitation à la débauche.
3. Je veux pour les sept ans à venir , créer un droit protecteur de la famille, et lui donner les moyens matériels de s'épanouir. Le droit de la famille (...) protégera :
l'institution familiale dont le rôle sera reconnu dans la Constitution ;
le caractère sacré de la vie depuis sa conception (...)
le rôle des parents (...) par le "chèque scolaire" garantie du libre choix de l'école ;
la liberté des femmes en donnant aux mères de famille un véritable statut social.
Je confierai la mise en œuvre de cette politique à un grand ministère de la famille, qui s'appuiera sur les associations familiales.
Réponse résumée de M. de Villiers
1. Aujourd'hui, chacun ressent la dégradation de l'esprit public. Je suis donc très favorable à ce que soit renforcée dans les écoles l'éducation civique (...).
2. Le premier droit de l'homme est le droit à la vie. (...) Je souhaite que des solutions alternatives puissent être proposées aux femmes en situation de détresse qui attendent un enfant (...) Je souhaite également que le caractère inviolable de la vie soit inscrit dans la constitution.
La drogue est un poison. Il n'est donc pas question que la société autorise le moindre recours à ce poison (...) L'urgence est de mettre en place un vaste plan de lutte. Cela commence par une information complète dès la classe de 6
e. Quant au drogué, il doit être soigné. Il faut multiplier les initiatives d'aide à la désintoxication, comme elles se développent partout en France.Il faut protéger le regard des enfants et notamment les programmes de télévision qui, à des heures de grande écoute, présentent des scènes violentes, abêtissantes ou même pornographiques.
3. Je propose le SMIC à celui, homme ou femme, qui choisit de s'occuper de sa famille. Je souhaite également que soit versé un salaire aux parents isolés et en difficulté ayant charge de famille. Je propose par ailleurs que les familles puissent bénéficier de prêts bonifiés pour les aider à se loger (...) On ne peut plus aujourd'hui prononcer le mot "famille" sans être mis immédiatement en accusation par la télévision ou par la presse. Je n'accepte pas ce terrorisme.
La société de l'an 2000 devra être établie sur nos valeurs au premier rang desquelles se trouve la famille.
Les autres candidats ne nous ont pas répondu
Famille et Liberté - Lettre N° 1 - 1995