Une majorité pour la famille

Tel est, en matière politique, le vœu de Famille et Liberté.

C’est pour qu’il se réalise que nous avons adressé une pétition au président de la République, à propos de la mise sous condition de ressources des allocations familiales. C’est pour le même motif que nous nous associons aujourd’hui à celle lancée par la Confédération nationale des associations familiales catholiques, au sujet des propositions de loi d’origine parlementaire et des projets gouvernementaux qui, sous des modalités et des noms divers, tendent tous à la consécration des unions contre nature.

Ces actions sont nécessaires, mais elles ne produiront pleinement leur effet que dans la mesure où il existera dans les assemblées politiques une majorité favorable à la famille.

Au lendemain d’élections régionales mouvementées et à la veille d’une conférence, une de plus sans doute, sur la famille, il convient d’y insister.

Je ne doute pas qu’il y ait à gauche non seulement des parents conscients de leurs devoirs mais aussi des citoyens convaincus du rôle et de l’utilité de la famille. Malheureusement la politique du gouvernement ne tient pas compte de cette opinion et oblige, c’est d’ailleurs à la mode, à faire appel aux électeurs plutôt qu’à ceux qu’ils ont élus.

Tel n’est pas le cas des élus de l’ancienne majorité, si l’on en croit les promesses de « retour aux valeurs » que l’on entend répéter dans leurs rangs, ni de ceux du Front National qui n’ont jamais varié sur ce point, sans avoir, cependant, l’occasion de les mettre en pratique.

Aux uns et aux autres nous demandons d’unir leurs voix sans rancœurs, sans peurs et sans complexes pour que les Régions aient une politique conforme aux intérêts des familles, en particulier dans le domaine culturel et sur le plan fiscal.

Nous avons adressé au Président de la République les réponses que nous avons reçues. Son Conseiller social, M. Philippe Bas, nous a écrit que « Le Président de la République (..), profondément attaché aux valeurs familiales (..) a, lors du Conseil des Ministres du 8 octobre, exprimé son souhait que la famille, qui est au cœur de l’équilibre social, ne soit en aucun cas pénalisée. » et que «  Rappelant toute l’importance qu’il convient d’attacher à la politique familiale, il a également fait valoir que celle-ci doit faciliter l’activité professionnelle des femmes, permettre l’éducation des enfants et encourager le renouvellement des générations. »

Il a conclu que « Les propos du Chef de l’État témoignent de son extrême vigilance sur la conduite de la politique familiale, celle-ci relevant toutefois désormais du Gouvernement issu de la nouvelle majorité. »

Cette attitude, pour réconfortante qu’elle soit, nous semble cependant insuffisante alors que la dérive de la politique familiale met en cause un des équilibres fondamentaux de la nation.

Famille et Liberté - Lettre N° 13 - Juin 1998