Le chiffre des naissances en France 2006 selon l’INSEE : la vérité
Yves-Marie Laulan, président de l’Institut de géopolitique des populations, nous donne sur cette question le point de vue qu’il aurait exposé lors de la réunion du 7 mars, s’il n’avait été empêché, au dernier moment, d’y participer.
Le 16 janvier dernier, l’INSEE diffusait largement dans les médias une information fracassante à l’occasion de la publication du « Bilan démographique 2006 ».
Selon ce communiqué, la France, avec 830 000 naissances, se situait au tout premier rang des pays européens pour la natalité. Et cet organisme y voyait le signe manifeste d’une reprise encourageante de la natalité dans notre pays, fruit d’une politique familiale heureuse poursuivie avec ténacité depuis des années.
Jusqu’ici, il n’y a évidemment rien à redire. Ceci étant, il est clair que des statistiques de cette nature exigeraient de la part de l’INSEE un complément d’explication qui permettrait aux Français de se faire une idée plus exacte de la nature du phénomène démographique en cours dans notre pays. Les conséquences, à terme, en seront, nul ne peut en douter, très considérables sur divers plans, notamment politique et religieux.
La situation démographique de la France peut s’analyser objectivement comme ci-après.
Il est exact que la France a enregistré l’an dernier un surplus de 20 000 naissances. Mais il faut savoir que ce surplus est dû à hauteur de 50 % aux jeunes femmes en âge de procréer appartenant aux ménages immigrés en provenance de Turquie, d’Afrique noire et du Maghreb. La politique familiale, quelles que soient ses vertus, a peu de choses à voir là dedans.
En second lieu, il importe de savoir également que les naissances des ménages provenant de ces trois pays (ou régions) représentent déjà environ 17% du total des naissances métropolitaines (20 % avec l’Outremer) et devraient, si cette tendance devrait se poursuivre, représenter jusqu’à 30%, du total des naissances en métropole en 2030. A cette date, plus du quart des jeunes Français serait d’origine immigrée ou étrangère dont une majorité sous l’influence, au moins culturelle, de l’Islam.
En dernier lieu, il convient de savoir que l’Insee obtient ces chiffres en incorporant (mais le lecteur ingénu ne le sait pas) les naissances provenant des DTOM). Pourquoi pas. Mais il faut l’indiquer clairement. Ce qui n’est pas le cas.
Pour résumer, les naissances métropolitaines de souche européenne se ramènent à 663 000 en 2006. On est loin, des chiffres triomphants de l’INSEE de 831 000 naissances (la différence, considérable, est de 168 000).
En fait, la France est dans la discrétion et le silence, en train de changer la nature de sa population. Et les Français ne s’en doutent pas. Bien mieux, ces ménages d’origine étrangère formant naturellement les gros bataillons des familles nombreuses, les Français financent directement, sans s’en douter, leur propre disparition, par le truchement des allocations familiales. C’est, sans doute, ce que l’INSEE (et l’UNAP) considèrent une politique familiale efficace.
Mais pourquoi pas ? Cette substitution de population pourrait, après tout, être en soit, un facteur éminemment favorable. Mais à condition que notre pays se montre en mesure d’intégrer ou d’assimiler convenablement tous ces nouveaux petits Français. Ce qui n’a guère été le cas jusqu’à présent.
La campagne présidentielle aurait été évidemment une bonne occasion de le faire. Mais il est à craindre que des informations de cette nature restent en dehors de débats forcément politiques, et donc forcément prudents. Il ne faut mécontenter les électeurs potentiels.
Commentaire des chiffres de l’INSEE sur le nombre des naissances de 2006
I Le coup de clairon de l’INSEE
« La France
championne d’Europe de la natalité avec 831 000 naissances » en 2006
pour un indice de fécondité de 1,97 enfant par femme.
Ces chiffres triomphants sont repris par tous les médias.
II La réalité [1]
Il y a trois correctifs à apporter à ce tableau trop séduisant qu’il convient de ventiler.
A
Partons du total : 831 000
moins l’Outre- Mer (DOM/ TOM) : 34 000 naissances
= 797 000 naissances pour la France métropolitaine seule
B la
France métropolitaine donc : 797 000 naissances :
- moins les naissances de mères étrangères et d’origine étrangère
majoritairement musulmane (Maghreb, Turquie, Afrique noire)
[2]
135 000 (17% du total des naissances)
= soit 169 000 (Outre Mer + mères étrangères)
[3]
= ou encore, au total : 831 000 – 169 000 = 663 000 pour
la seule population métropolitaine de souche européenne.[4]
C Quant
au surplus de 20 000 naissances enregistré en 2006. Il est dû :
- à hauteur de 10 000 naissances aux jeunes femmes immigrées entrées en France
les années précédentes
- à hauteur de 10 000 naissances seulement à des Françaises plus de 30 ans,
conformément à un phénomène de rattrapage tardif (première naissance après 30
ans) constaté également chez nos voisins européens.
D L’indice de fécondité réel ? On ne sait pas : 1,97 selon l’INSEE, probablement 1,86 selon Jacques Dupâquier [5]
III Pourquoi probablement ?
En raison de l’abandon (par l’INSEE avec Lionel Jospin) du recensement en 2002.[6] La France ne connaît plus sa population avec précision (à 1 million ou 1,5 million près).
En conséquence, en matière de fécondité, on connaît le numérateur avec précision : le nombre des naissances ; mais le dénominateur, le chiffre de la population, est un à peu prés, vraisemblablement sous-estimé.
IV Conséquences.
Sans une connaissance précise de la population française, il s’opère dans le silence un changement graduel de la composition démographique de la France : à un taux de croissance de 3 % l’an, la part des naissances d’origine africaines ou turque devrait atteindre 18 % en 2008, 23% en 2020 et 30 % en 2030 (selon Jacques Dupâquier)
Il ne faut pas se voiler la face : les conséquences en seront considérables sur le plan social, économique et naturellement religieux (avec la montée en puissance du fait musulman).
Les Français sont placés devant une situation démographique qui leur échappe. Les statistiques ne sont pas fausses. Mais elles sont publiées sous une présentation fallacieuse qui endort l’opinion.
La conclusion à tirer de cette progression rapide des naissances d’origine étrangère est qu’il faut réussir, et sans tarder, l’intégration, et même l’assimilation de ces jeunes présents et surtout à venir. Sinon les Français risquent de vivre dans les années à venir dans un pays perpétuellement déchiré par des conflits internes, une France malheureuse.
Yves Laulan
Sources : Jacques Dupâquier, Institut de France et Philippe Bourcier de Carbon, INED