Depuis trente ans le renouvellement des générations n’est plus assuré dans notre pays, en dépit d’une immigration intense. Pendant toute cette période quelques esprits faux, relayés complaisamment ou niaisement par une large part des médias et par la majorité des politiques, ont soutenu, contre toute vraisemblance, qu’il n’en était rien et que ce qui comptait en démographie, c’était la descendance finale.
Les mêmes esprits faux ajoutaient généralement, à l’usage de ceux qui osaient prétendre le contraire et dénonçaient la dégradation de la politique familiale, qu’en toute hypothèse le taux de natalité ne dépendait pas des compensations accordées aux familles pour élever leurs enfants. Ils étaient écoutés avec bienveillance par les politiques à qui cela donnait bonne conscience pour détourner le budget des allocations familiales.
Cette année quelque chose a changé, dans notre pays et en Europe, car tous les autres pays européens connaissent aussi un déficit démographique, souvent pire que le nôtre :
La Commission européenne a reconnu, en mars, l’urgence « de mesures novatrices de soutien de la natalité ».
Un rapport intitulé La famille, une affaire publique dont les auteurs sont Michel Godet et Evelyne Sullerot pour par le Centre d’Analyse Economique(1) remet les pendules à l’heure et rappelle en particulier le lien entre la croissance économique et le dynamisme démographique.
Ce retournement auquel nous appelons depuis la création de notre association rencontrera des résistances et des obstacles. Le sujet du baccalauréat sur lequel nous revenons dans ce numéro est un exemple de ces résistances. Il est, d’une certaine manière réconfortant qu’elle ait réunis le ministère de l’Education nationale et Le Monde, dans la même dévotion scolastique des penseurs de mai 1968.
L’obstacle est évidemment celui que des intérêts de tous genres dressent devant ceux qui veulent réformer réellement la politique familiale.
Je ne sais si M. de Villepin, lors de Conférence de la famille, l’a contourné ou est passé dessous. En tout cas, la modestie des décisions arrêtées montre qu’il ne l’a pas sauté.
(1) le rapport sera publié par La documentation française fin octobre. Son résumé peut être téléchargé sur la page Accueil du site du CAE : www.cae.gouv.fr