Deux sondages, réalisés à peu près en même temps, l’un par la SOFRES pour Le Nouvel Observateur, l’autre par l’IPSOS pour le magazine Têtu, donnent des résultats sur l’attitude des Français à l’égard des revendications homosexuelles d’un droit au mariage et d’un droit à l’enfant.
D’après l’IPSOS :
61% sont favorables à un Droit pour les couples homosexuels de se marier civilement et 37% y sont opposés.
Au contraire, 44% sont favorables à un Droit pour les couples homosexuels d’adopter des enfants et 55% opposés.
Têtu met en avant la progression des opinions favorables par rapport à des sondages antérieurs du même Institut (une progression de 4 points par rapport à 2004 et de 13 points par rapport à 2000 pour le mariage).
D’après la SOFRES :
45% des sondés sont favorables au Mariage entre homosexuels et 51% y sont opposés.
36% sont favorables à L’adoption par les couples homosexuels et 60% y sont opposés.
L’évolution par rapport aux sondages antérieurs est contrastée, les opinions favorables au mariage étant inférieures de 5 points à celles d’un sondage de 2005, alors que celles favorables à l’adoption sont en nombre égal à celui de 2005 et supérieures de 6 points à celles d’un sondage de 2001.
Les différences entre les résultats des deux sondages sont trop importantes pour être expliquées par la marge d’erreur normale dans cette façon de mesurer l’état de l’opinion.
Cette différence est encore plus marquée si l’on considère le nombre de ceux qui se déclarent Tout à fait favorable aux mesures envisagées, deux fois plus nombreux dans l’enquête IPSOS que dans l’enquête SOFRES. Nous avons demandé aux deux Instituts les explications qu’ils donnent de ces écarts.
En attendant leur réponse, il est permis de se demander si le fait que la différence entre les deux sondages est plus importante dans le cas du mariage que dans celui de l’adoption n’est pas dû à la différence de formulation, le mariage dans un cas, le mariage civil dans l’autre.
Cela voudrait-il dire que les récentes réformes facilitant le divorce ou la reconnaissance de fait de la polygamie dans notre pays ont déprécié l’image du mariage civil, en en faisant, en quelque sorte, un mariage de deuxième classe ?
Ces deux sondages comportent ainsi des indications à méditer par les conseillers des candidats à l’élection présidentielle :
Selon celui d’IPSOS, pour un électeur qui aurait beaucoup plus envie de voter pour un candidat proposant de légaliser le droit au mariage et à l’adoption, près de trois en auraient beaucoup moins envie.
Selon la SOFRES, si la répartition entre adversaires et partisans de l’homoparentalité est de 69 contre 27 pour UMP/UDF – et de 70 contre 30 pour le FN -, elle est de 44 contre 52 pour l’ensemble de la gauche.