Le point de vue de Ségolène Royal

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, les deux favoris des sondages pour l’élection présidentielle, se sont l’un et l’autre prononcés sur la question de l’octroi aux couples homosexuels d’un droit au mariage et à l’enfant.

A première vue les choses sont claires : la première est pour, le second est contre. Qu’ont-ils dit exactement ?

Mme Royal s’est exprimée dans le numéro daté de juillet de Têtu, le magazine des gays et des lesbiennes. Elle justifie son choix par trois motifs :

  • Le premier est que la satisfaction de cette revendication fait partie du programme adopté par le parti socialiste en vue des élections présidentielles.

  • Le second, qu’elle présente comme juridique, est d’une part que des célibataires homosexuels pouvant adopter, il n’y a pas de raison pour qu’un couple homosexuel ne puisse pas le faire et d’autre part que des tribunaux ont accepté qu’un parent homosexuel fasse une délégation d’autorité parentale au partenaire de leur relation homosexuelle. Ces décisions, exceptionnelles, ont été cassées en appel, quand il y a eu appel, et, quand il n’y a pas eu appel, le Garde des Sceaux a expliqué qu’il s’agissait d’un « dysfonctionnement ».

  • Le troisième motif donné par Mme Royal est que le refus du mariage et de la « parentalité » aux homosexuels en fait les victimes d’une discrimination.

  • Sur le premier motif, on ne peut que lui donner acte de la décision de son parti. Le second n’a, contrairement à ce qu’elle prétend, aucune consistance juridique, sauf à vouloir instituer le pouvoir des juges, ce qui n’est pas conforme à notre constitution. Le troisième revient, sous prétexte de non-discrimination, à instaurer une discrimination entre les enfants, nés ou à naître, en privant certains d’entre eux de leur droit naturel à un père et à une mère.

    Pour ces raisons, le choix de Mme Royal, exprimé avec beaucoup de prudence et, me semble-t-il, avec quelque réticence ne me paraît pas acceptable.

    L’on trouvera plus loin une réponse d’un collaborateur de l’UMP sur la position de M. Sarkozy, avec l’annonce de la mission de réflexion et de propositions confiée par ce dernier à Luc Ferry.