Pétition Muselier
La pétition nationale contre l'adoption d'un enfant par deux personnes du même sexe, lancée par M. Renaud Muselier, que Famille et Liberté a adressée, dans un premier temps, à 60.000 destinataires a un écho important, nettement plus fort que celui des actions que nous avons menées contre le PACS.
Les commentaires accompagnant les premières réponses reçues confirment le sentiment que nous exprimions dans notre lettre du 16 juin : «Le PACS, certes condamnable et pernicieux à tout point de vue, est d'abord le moyen de créer une catégorie fiscale de privilégiés. L'adoption par des couples homosexuels ferait d’innocentes victimes parmi les enfants «.
Alors que le dépouillement est loin d'être achevé, les premières réponses qui peuvent être faites aux questions et aux objections sont les suivantes.
Sur la forme
La proposition de loi de M. Muselier prévoit, dans son article 1, l’interdiction de l'adoption d'un enfant par deux personnes du même sexe. L’article 2 stipule que l'adoption peut être demandée par toute personne âgée de plus de 28 ans (c'est la loi actuelle) et ne vivant pas en couple avec une personne du même sexe
La pétition ne rappelle que l’article 1, mais elle précise que la décision du tribunal administratif de Besançon portait sur l'agrément de la demande d'une personne vivant en couple avec un partenaire du même sexe. Ce sont donc bien ces deux cas qui sont visés, tant par la pétition que par la proposition de loi.
Pour des raisons techniques de mise sous pli du courrier nous avons placé avant la pétition le bulletin réponse permettant de la signer. Cette présentation prête à confusion. Nous ne pouvons que donner raison à ceux qui nous l'ont dit et leur demander de nous en excuser.
Sur le fond
Les oppositions à notre action se situent sur deux plans
Celui, classique, de l'invective : il faut savoir que pour certains c'est être un « dangereux réactionnaire » que de s'opposer à l'adoption d'un enfant par des homosexuels. Ce n'est pas un argument.
celui du bonheur de l'enfant, pour qui mieux vaudrait l'adoption par un couple homosexuel que la prise en charge par la DDAS. Quand on sait les difficultés que rencontrent les couples constitués d'un homme et d'une femme qui veulent adopter un enfant et le parcours du combattant qu'ils doivent faire, cet argument n'est pas recevable.
La comparaison entre les conséquences pour l'enfant de l'adoption par un couple hétérosexuel ou par un couple homosexuel, si on l'envisage sous le seul angle de son intérêt, peut porter sur trois points.
Les conditions de vie matérielles
la formation de sa personnalité
le risque d'inceste
sur le premier point, tout le monde sait que les couples homosexuels ont un pouvoir d'achat plus élevé, en moyenne, que les couples hétérosexuels ; c'est pourquoi ils sont une cible intéressante pour les marchands. Mais ce point est le moins important ; et d'ailleurs leur pouvoir d'achat serait-il aussi élevé s'ils avaient des enfants ?
Sur les deux autres points, nombreuses sont les mises en garde de psychologues et de criminologues. Y en a-t-il qui soutiennent le point de vue contraire ? C'est la le débat que devraient souhaiter les homosexuels, au lieu de revendiquer un prétendu droit à l'enfant. Cette revendication est-elle d'ailleurs celle des homosexuels ou celle d'une minorité bruyante, et pas nécessairement homosexuelle ?
Famille et Liberté - Lettre N° 21 - Juin 2000