LA VÉRITÉ SUR LE SIDA

 

Les responsables de la Santé Publique, le Conseil Supérieur du Sida, les multiples associations relayées par la presse, la radio, la télévision, enseignent depuis plusieurs années le dogme de la fiabilité absolue du préservatif et pensent que seul l'usage systématique et généralisé de celui-ci lors de tout rapport sexuel permettrait de maîtriser le fléau.

Or le Professeur Montagnier présentant le 20 juin 1995 le rapport de la Commission sur les maladies sexuellement transmissibles et le sida, de l'Académie Nationale de Médecine, apporte sur ce sujet fondamental des informations beaucoup plus nuancées. Ce rapport qui vient d'être publié au début d'octobre (1) donne les recommandations suivantes: «Les mesures qui doivent être appliquées sont celles qui sont suggérées en général pour la lutte contre la diffusion des maladies sexuellement transmissibles: à un double titre, contre la transmission du virus lui-même, et contre les autres maladies sexuellement transmissibles, du fait du rôle important que celles-ci jouent dans la transmission du VIH. Elles consistent à éduquer afin de responsabiliser les comportements: recommander la monogamie réciproque, souligner le danger des rapports trop précoces et celui de multiplier les partenaires notamment chez les jeunes... ». « Le risque accru du premier rapport par le saignement dû à la défloration doit faire l'objet d 'informations bien définies en milieu scolaire et universitaire ».

Le texte par ailleurs insiste sur le fait que « les mécanismes de l'infection par voie anorectale et par voie vaginale sont tout à fait différents ». « Le risque de transmission à la femme par un seul rapport vaginal a été estimé à environ 0, 7/1000 lorsque le partenaire est asymptomatique ». Par contre, du fait de la grande fragilité de la muqueuse rectale, « on peut considérer que le risque de la transmission anorectale se rapproche de celui d'une inoculation intraveineuse du virus ».

C'est donc dire que « le risque est maximum pour des rapports sodomiques (anorectaux) aussi bien pour la femme que pour l 'homme passif ». « A défaut de changement de comportement, l'utilisation du préservatif est la meilleure des protections actuelles .... réduisant le risque de transmission du virus par un facteur 10 ».

S'il est vrai que diviser par 10 fait tomber pratiquement à zéro le risque de contamination dans les rapports vaginaux des couples stables, il n'en est plus du tout de même dans d'autres situations et tout spécialement dans la défloration et dans la sodomie. Nous recommandons très vivement aux responsables de notre pays de lire attentivement ce rapport et d'en tirer toutes les conséquences.

Professeur Henri Lestradet

(1) Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine, 1995, 179, n° 6